Accélérer la reprise des chantiers mais comment ?

Le BTP est le 3ème secteur à solliciter le chômage partiel

Selon les dernières statistiques (14/4) de la DARES, le secteur de la construction est de troisième a avoir opté pour le chômage partiel de près de 14% de ses salariés.

13.8% des salariés du BTP sont en chômage partiel

Dans ce contexte, les pouvoirs publics cherchent à relancer les chantiers au plus tôt … en levant les freins et appuyant sur les moteurs.

Lever les freins

Les principaux freins sont de nature sanitaires et psychologiques :

  1. Certains salariés ne veulent pas prendre de risque pour leur propre santé,
  2. Les syndicats non plus, au nom de l’ensemble des salariés,
  3. Les patrons aussi pour certains, ou craignent d’être mis en responsabilité en cas de problème pour les autres,
  4. Les donneurs d’ordre (collectivités, ….) et Maîtres d’Ouvrage préfèrent ne prendre aucun risque et conserver le chantier à l’arrêt.

Mais aussi économiques et juridiques :

  1. Les mesures de protection (cf guide de l’OPPBTP) et l’organisation même des chantiers avec moins d’artisans/ouvrier sur place (+de délais, + d’interventions + fragmentées, + de véhicules avec moins de personnes à bord, …) engendrent un surcoût estimé entre 10 et 15% :
  2. Nul ne sait qui acceptera ou non de prendre ces surcoût à sa charge sur les chantiers en cours.
  3. Le contexte encourage les décideurs à reporter les investissements, donc reporter l’ouverture des nouveaux chantiers …
  4. Dans cette phase d’urgence sanitaire jusqu’au 24 juillet, de nombreux aspects sont dans le flou au plan juridique, ce qui accentue encore la cristallisation des acteurs.
  5. De nombreux chantiers font appel à des artisans-compagnons venus de loin qui ont impérativement d’hôtels et de restaurants, actuellement fermés. Il en est de même pour certains routiers qui contribuent directement à l’approvisionnement.

Et enfin administratifs.

  • Permis de construire à l’arrêt, délai de recours allongé, délai de délivrance des autorisations administratives, blocages administratifs en tous genres (masques à la douane…), tous ces sujets sont autant de freins que l’exécutif cherche à lever. Voir ci-dessous.

Appuyer sur les moteurs

Les pouvoirs publics et représentants du monde du BTP (FFB, Capeb …) évoquent plusieurs pistes pour accélérer la reprise du travail :

  1. Des guides pratiques adaptés à chaque métier, en déclinaison par exemple du guide élaboré par l’OPPBTP. Il en existe actuellement :
  2. Des exonérations de charges sociales pour les entreprises du bâtiments qui encaisseront les 10-15% de surcoûts liés aux mesures de protection etc. Un moratoire de 6 mois sur le gazole non routier donnerait également un coup de pouce.
  3. La levée des obstacles administratifs listés ci-dessus à court terme et peut être leur simplification à plus long terme. Il serait même envisager d’interdire aux maires d’interdire.
  4. La réouverture d’hôtels et de restaurants, nécessaire dans le cas des entreprises ou de leurs salariés qui viennent de loin.
  5. La possibilité d’allonger la durée légale du temps de travail jusqu’à 12 heures par jour et 60 heures pas semaine, afin de mettre les bouchées double pour rattraper le retard sur les chantiers où cela serait possible., tout en défiscalisant les heures supplémentaires.

Et la première chose à accélérer, c’est la prise de décision sur toutes ces pistes !

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